Où sont les adolescentes dans nos espaces publics sportifs ? Les statistiques sont aussi claires qu’alarmantes : autour de l’âge de 11-12 ans, à l’entrée au collège, on observe un décrochage massif de la pratique sportive chez les jeunes filles. Si l’offre encadrée (clubs) subit une baisse, la désertion est totale dans les espaces sportifs en accès libre. Selon les rapports sociologiques récents, 95 % des usagers des citystades classiques sont des garçons. Loin d’être un désintérêt naturel pour le sport, cette absence est la conséquence directe d’un aménagement urbain qui exclut. Comment repenser nos infrastructures pour garantir une véritable mixité ?
L’effet « cage » du citystade traditionnel
Pour comprendre ce décrochage, il faut regarder le design de nos équipements. Le citystade classique, avec ses grilles hautes et son terrain unique (souvent pensé pour le football), fonctionne comme ce que les sociologues appellent un « opérateur hiérarchique de genre ». L’espace fermé favorise l’appropriation par un groupe dominant (les garçons les plus âgés) et instaure un climat de compétition virile. Pour les jeunes filles, franchir la grille de cette « cage » demande d’affronter le regard des autres et de justifier sa présence. Résultat : elles se sentent illégitimes, restent en périphérie de l’installation, et finissent par disparaître totalement de l’espace sportif public.
(W)ALL : Le design ouvert pour rétablir l’égalité
Chez Frontpark, nous sommes convaincus que les murs ne doivent plus séparer. Pour que les filles reprennent leur place, il faut faire tomber les barrières, littéralement. Inspiré de la « place libre » du Pays Basque, l’écosystème (W)ALL a été conçu pour déjouer ces mécaniques d’exclusion territoriale :
- Zéro grille, 100% d’accès libre : L’absence de clôture supprime l’effet de seuil. On peut entrer, traverser et sortir de la zone de jeu sans contrainte psychologique.
- La fin du monopole grâce à la coactivité : Un citystade ne permet qu’un seul match à la fois. Le (W)ALL, avec son architecture centrale, permet de multiplier les pratiques simultanées. Un groupe peut jouer au Basket 3×3 pendant que des adolescentes s’initient à l’escalade de bloc ou au street workout juste à côté, sans se déranger.
- Un espace neutre et pacifié : En diversifiant l’offre (glisse, athlétisme, réalité augmentée), le lieu n’est plus étiqueté « sport de garçons », mais devient un espace de vie partagé.
Une volonté politique par la preuve
Vouloir la mixité ne suffit pas, il faut l’aménager. Pour une collectivité, investir dans un (W)ALL est un acte fort de communication et de politique publique. C’est refuser de financer des équipements qui ne servent qu’à 50 % de la jeunesse, et choisir une infrastructure qui garantit concrètement l’égalité, l’inclusion et le vivre-ensemble.
